Ce n’est plus une exception. C’est un symbole. À 26 ans, Cem Bolukbasi va s’aligner au départ des 24 Heures du Mans. Et il ne vient pas de la Formule Renault, ni des rangs juniors de Red Bull. Non, il vient des circuits virtuels. Des simulateurs. Du monde du gaming.
Le gamin d’Istanbul devenu professionnel du volant IRL. Une trajectoire unique, mais peut-être annonciatrice d’un nouveau standard. Bolukbasi est la preuve que le talent n’a pas besoin d’un nom connu ou d’un sponsor millionnaire pour percer. Il lui a suffi d’un volant… et d’un écran.
De la chambre d’ado au paddock mondial : l’ascension hors-norme d’un gamer pilote
Rien ne destinait vraiment Cem à percer dans le sport auto. Il débute comme beaucoup : un peu de karting, quelques compétitions locales.
À neuf ans, il enchaîne ses premiers tours en championnat turc. Le rêve semble à portée, mais les moyens manquent. En 2012, le chemin se ferme. Brutalement.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Cem rebondit ailleurs. Dans l’univers des simulateurs. Là où les budgets sont moindres, mais l’exigence intacte.
Rapidement, il explose : repéré par McLaren, puis Toro Rosso, il devient l’un des meilleurs sim racers d’Europe. Et avec les premières victoires en ligne viennent les premières chances réelles.
Retour sur circuit, cette fois en GT4. Et là, tout s’accélère :
- Podiums à répétition dans les GT European Series
- Engagement en F3 Asie
- Deux victoires malgré une saison incomplète
- Participation au championnat Euroformula, qu’il termine dans le top 5
Son coup de volant bluffe. Sa constance impressionne. Les doutes fondent. Le paddock commence à y croire.

Quand la F2 ouvre ses portes à un ex-gamer
Début 2022, Bolukbasi passe un nouveau cap. Il rejoint la Formule 2. Une première historique. Jamais un pilote issu du sim racing n’avait gravi les échelons aussi vite.
Et surtout, jamais un “gamer” n’avait été pris au sérieux à ce niveau de la compétition.
Face à des concurrents rodés depuis l’enfance aux écoles de pilotage, Cem résiste. Il apprend, s’adapte, progresse. Et surtout, il inspire. Derrière lui, toute une génération de sim racers se dit : “Et pourquoi pas moi ?”
La barrière mentale tombe. Les claviers ne sont plus une limite. Ils deviennent une passerelle.
24 Heures du Mans 2025 : l’heure du grand saut
L’annonce a secoué les paddocks et fait vibrer le monde du jeu vidéo. Bolukbasi va courir les 24 Heures du Mans. Pas comme guest. Pas pour l’image. Pour de vrai.
Un engagement total. Une reconnaissance méritée.
La réaction ne s’est pas fait attendre. La communauté sim racing a explosé de fierté. Les forums spécialisés en endurance se sont enflammés. Twitch, TikTok, Reddit : partout, le nom de Cem Bolukbasi circule.
Plus qu’un pilote, il incarne un mouvement.
- Des sponsors gaming rejoignent les équipes
- Des diffuseurs créent des ponts entre stream et broadcast TV
- Une nouvelle audience, jeune et engagée, découvre l’endurance
Ce n’est plus un simple transfert de monde. C’est une fusion. Une alchimie.
Et si le sim racing était l’avenir du sport auto ?
Longtemps snobé, le simulateur devient aujourd’hui un outil de formation crédible. Rigoureux. Accessible. Plus que jamais, le sim racing forme une relève redoutable.
Bolukbasi en est l’étendard. Mais il ne sera pas le seul.
Derrière lui, des dizaines de jeunes talents s’entraînent déjà en ligne. Prêts à prendre le relais. Prêts à convertir leurs réflexes digitaux en trajectoires parfaites sur l’asphalte.
Le Mans 2025 pourrait marquer un tournant. Celui où le gaming a cessé d’être un “chemin alternatif” pour devenir une voie royale.
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