
Un youtubeur a fait tourner un PC de bureau AMD Ryzen avec 192 piles AA. Sans prise secteur, et même sous Linux. Comment une machine aussi gourmande peut-elle tenir sur des piles ?
Je vous montre comment ce montage fonctionne, et ce qu’il prouve vraiment.
Un PC de bureau Ryzen fonctionne avec 192 piles AA
Une configuration AM4 pensée pour limiter la consommation
Imaginez un ordinateur de bureau sans alimentation ATX classique, sans carte graphique dédiée et sans disque interne. Vous y trouvez une carte mère AM4 et un APU Ryzen série G. Ce processeur intègre directement un circuit graphique Vega.
La référence exacte du Ryzen n’est pas détaillée. Le circuit graphique intégré suffit à afficher Linux et à lancer un jeu peu exigeant. Le stockage passe par une clé USB. L’écran, lui, a sa propre alimentation.
La machine démarre avec une puissance estimée autour de 100 W, un niveau élevé pour des piles AA. Le processeur, la mémoire et la carte mère reçoivent leur courant via un adaptateur DC-ATX de 12 V.
24 groupes de huit piles créent le 12 V

Trois boîtes en bois découpées au laser accueillent chacune 64 piles. Cela fait 192 piles AA alcalines Pookell de 1,5 V, présentées comme des modèles « high drain ».
Le branchement est simple. Huit piles en série donnent environ 12 V. Vingt-quatre groupes identiques sont reliés en parallèle. La tension reste la même et l’effort se partage.
Le courant continu du pack arrive directement dans un adaptateur DC-ATX 12 V. Cet adaptateur recrée les lignes nécessaires à la carte mère. Le montage évite ainsi toute conversion en 220 V.
Le PC sur piles passe un test CPU et lance FreeDoom
Hannah Montana Linux démarre depuis une clé USB

Le PC démarre sur Hannah Montana Linux. Cette distribution date de 2009 et a reçu des mises à jour depuis. Elle est installée sur une clé USB, et non sur un SSD ou un disque dur.
Une fois démarré, l’ordinateur se connecte à Internet. Il ouvre Firefox pour charger Twitch. Une simple clé suffit donc pour afficher un environnement graphique utilisable.
Ce choix répond à une demande de spectateur. Sous son côté drôle, ce système fait tourner les outils Linux classiques.
stress-ng pousse le processeur à 98 %
Uwoslab lance stress-ng, un outil qui met le processeur sous forte charge. Le CPU atteint environ 98 %. Le PC ne s’arrête pas brutalement et ne redémarre pas.
La tension part d’environ 13 V, puis se stabilise vers 11,95 V pendant plus de 30 minutes. Le PC reste allumé pendant tout ce temps.
FreeDoom reste fluide sur l’iGPU du Ryzen
Pour tester le jeu, le créateur lance FreeDoom. Ce projet open source reprend le principe de Doom. Il demande bien moins de ressources qu’un jeu récent.
Le jeu tourne sans à-coups sur le circuit graphique intégré du Ryzen. Ce montage convient au rétro gaming léger. Ce n’est pas une machine de jeu polyvalente.
Les trente minutes observées ne fixent pas l’autonomie réelle
Une estimation située entre 1,5 et 2 heures
Imaginez le test : la démonstration tient plus de 30 minutes et enchaîne plusieurs usages, comme vous le verriez sur votre propre machine :
- démarrage de Linux ;
- connexion à Internet et navigation avec Firefox ;
- test stress-ng ;
- lancement de FreeDoom.
Le pack n’a pas été vidé jusqu’au bout. La tension tient encore après la session. Les 30 minutes sont donc une durée observée. Ce n’est pas l’autonomie maximale du montage.

Avec une consommation proche de 100 W, l’autonomie théorique sous charge soutenue se situe entre 1,5 et 2 heures. Elle dépend de la capacité réelle des piles, de leur état et de la baisse de tension.
Environ 55 euros de piles pour quelques heures
Le créateur avait acheté environ 400 piles AA, mais le PC n’en a utilisé que 192. Les piles employées coûtent environ 60 dollars, soit près de 55 euros.
Le pack donne une puissance impressionnante pour une démonstration. Son coût reste dur à défendre. Pour quelques heures de jeu, la facture grimpe vite.
Le pack de piles reste une expérience risquée et peu pratique
Un câblage parallèle amplifie les dangers
Relier plusieurs branches en parallèle fournit plus de courant. Mais un mauvais contact, un fil abîmé ou un court-circuit peut concentrer une forte intensité sur un point précis. Le montage chauffe alors.
Les boîtes en bois rangent les cellules. Elles ne remplacent pas une protection électrique complète. Avec 192 piles reliées entre elles, chaque connexion doit rester isolée, bien serrée et surveillée pendant l’utilisation.
Attention : ne tentez pas de reproduire ce montage sans solides compétences en électricité.
Sur 192 cellules, une seule connexion défaillante peut suffire à faire chauffer le montage. Gardez-le sous surveillance pendant toute l’utilisation.
Quelques précautions limitent les risques :
- Ne mélangez pas piles neuves et usagées.
- Retirez les cellules qui fuient.
- Conservez les piles au sec, à température ambiante, loin de toute source de chaleur.
Une pile qui fuit peut irriter la peau. Évitez le contact avec le liquide et déposez la pile dans un point de collecte.
Les piles rechargeables et les stations sont plus cohérentes
Pour un appareil utilisé souvent, les piles rechargeables produisent moins de déchets. Elles diffèrent des piles alcalines utilisées ici. Ne les branchez pas à un montage improvisé sans vérifier leur tension, leur courant et leur protection.

Une station d’alimentation portable est plus simple à utiliser. Certains modèles ont une sortie 12 V, des ports USB-C Power Delivery jusqu’à 100 W et une capacité annoncée de 270 Wh. Un ordinateur compatible peut donc fonctionner sans montage complexe.
Le test confirme que le pack peut faire tourner la machine, de Linux au jeu vidéo, sans pousser les piles jusqu’à l’épuisement.
Foire aux questions
Qui se cache derrière le pseudonyme Uwoslab ?
Uwoslab est un créateur de contenu spécialisé dans les expériences liées au matériel informatique et à l’électronique. Son pack de 192 piles AA fait partie d’une série de montages volontairement extrêmes, conçus pour tester les limites d’une configuration PC. Si vous aimez les expériences techniques insolites, c’est exactement le genre de projets qu’il met en scène.
Pourquoi l’écran n’utilise-t-il pas le même pack ?
Dans la démonstration, l’écran dispose d’une alimentation séparée. Le pack de piles n’alimente ainsi que la carte mère, le processeur, la mémoire et les périphériques internes. Il n’a donc pas à fournir en plus l’énergie du moniteur, ce qui réserve sa capacité au reste de la machine.
Où déposer les piles après l’expérience ?
Déposez-les dans un point de collecte pour piles et petites batteries, en magasin ou en déchèterie. Inutile de les trier selon leur technologie : les différents types de piles peuvent aller dans les mêmes bornes.
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